Le collège Vendôme invité aux cérémonies commémoratives du 8 mai
Article mis en ligne le 28 mai 2013

par M. Joly, prof. d’histoire

Le mercredi 8 mai 2013 au Parc de la Tête d’Or, quatre élèves de troisième du collège Vendôme ont été conviés à participer aux cérémonies commémoratives de la victoire du 8 mai 1945.

C’est devant une assemblée composée d’anciens combattants et de personnalités officielles comme le maire de Lyon Monsieur Collomb, le préfet Monsieur Carenco ainsi que les autorités militaires que les élèves ont lu un discours qu’ils avaient eux-mêmes préparé avec l’aide de leur professeur d’histoire. Madame Chevallier était également présente pour les soutenir.

Dans ce discours, ils ont évoqué ce que représentait la date du 8 mai pour eux et ont rendu hommage à tous ceux qui ont participé à cette guerre, notamment aux anciens combattants qui étaient présents. Ils ont pu alors exprimer leur ressenti et leur vision de la Seconde Guerre mondiale ainsi que leurs espoirs d’un monde de paix. Par leur participation, ils ont représenté avec fierté et émotion notre établissement.

Article rédigé par Fleur SCALIA

Hamza, Matthieu, Kenza et Colin sur la tribune pour lire leur discours.

Des élèves fiers mais soulagés du devoir accompli.

Les élèves avec leur professeur d’histoire M. Joly

Les élèves et Mme Chevallier devant le monument aux Morts de l’Ile du Souvenir.

Nous vous reproduisons ci-dessous le discours lu par les élèves du collège Vendôme.

DISCOURS DES ÉLÈVES DU COLLÈGE VENDÔME A L’OCCASION DES CÉRÉMONIES COMMÉMORATIVES DE LA VICTOIRE DE 1945.

Mercredi 8 mai 2013,

Hamza :

« Nous tenons tout d’abord à remercier les autorités, au nom du collège Vendôme et en nos noms propres, de nous avoir conviés à participer à cette cérémonie commémorative de la victoire de 1945, ce que nous faisons avec fierté.
Que représentent ces cérémonies commémoratives du 8 mai pour nous collégiens qui sommes nés à la toute fin du 20ème siècle, soit plus de 50 ans après ces événements ?
Pour nous, la Seconde Guerre mondiale paraît bien lointaine. Nous la connaissons peu. Nous la connaissons mal. Nous la connaissons par ce que nous étudions à l’école, par des documentaires à la télévision, par le cinéma et rarement par transmission familiale car le plus souvent nos grands-parents étaient encore enfants dans les années 1940.
La date du 8 mai marque tout d’abord pour nous la fin d’un conflit long et particulièrement meurtrier. Elle marque la capitulation allemande, c’est à dire la fin du nazisme, d’une idéologie inhumaine, raciste, antisémite, destructrice, d’une idéologie de haine qui a plongé l’Europe dans le chaos. Cette date nous fait penser aussi à toutes les victimes de cette guerre, à tous ceux qui ont souffert, qui sont morts au combat, en déportation ou tous ceux qui ont perdu des proches
. »

Kenza  :

« Mais le 8 mai 1945 évoque surtout la fin d’un long et féroce combat, mené par les alliés, par le Général de Gaulle ainsi que par des Français, des héros, qui ont fait le choix de résister et de combattre l’occupant et le régime collaborateur de Vichy pour défendre leur patrie et recouvrer la liberté alors que d’autres sont restés attentistes, ou ont fait d’autres choix.
Il n’est pas question pour nous de juger ces Français d’une autre époque mais de rendre hommage aux hommes et aux femmes qui se sont battus. Certains l’ont payé de leur vie, d’autres heureusement sont encore présents parmi nous aujourd’hui pour témoigner et pour que l’on n’oublie pas. Nous leur en sommes reconnaissants. Grâce à leur engagement et à leur sacrifice, nous vivons dans une France libre, indépendante et démocratique. Par leur action héroïque, ils ont permis à la France de retrouver son honneur.

Je voudrais également avoir une pensée pour mon grand-père, qui est décédé l’année dernière et qui a combattu comme de nombreux autres Français durant la Seconde Guerre mondiale pour défendre son pays et nos libertés. »

Matthieu :

« Il est important pour nous d’être présents aujourd’hui, car nous représentons la génération future, celle qui ne doit pas oublier, qui doit conserver la Mémoire de ces événements et qui devra transmettre à ses enfants le message qu’aujourd’hui vous nous transmettez. Nous savons que la guerre et la haine ne sont jamais très loin. Nous devons aussi nous souvenir, tirer des enseignements de l’Histoire pour que de telles atrocités ne se produisent plus jamais en France ou ailleurs dans le monde même si nous savons que la guerre est encore présente dans de nombreux pays.
Mais la date du 8 mai marque aussi le début d’une nouvelle Histoire. Elle marque le début de la réconciliation franco-allemande après trois guerres meurtrières en moins d’un siècle. Nous pensons alors à tous ceux qui ont contribué à ce rapprochement, au général de Gaulle et au chancelier Adenauer, au président Mitterrand et au chancelier Kohl main dans la main dont nous avons vu les images émouvantes à Verdun en 1984. Nous pensons aussi à Robert Schuman qui, dans son discours du 9 mai 1950, faisait de cette réconciliation une condition indispensable pour construire la paix et une Europe Unie. »

Colin :

« Aujourd’hui, les haines franco-allemandes ont cessé. Nous ne sommes plus des ennemis. Au collège, certains d’entre nous étudient l’allemand, nous faisons des voyages scolaires en Allemagne, nous avons parfois des correspondants allemands. Les deux pays sont désormais des partenaires économiques, technologiques, politiques et militaires. Le couple franco-allemand est le moteur de la construction européenne même si parfois des tensions resurgissent mais elles n’ont plus rien à voir avec celles d’autres temps.
Ces hommes et ces femmes, qui ont connu la guerre, ont construit l’Europe. Nous formons tous ensemble aujourd’hui un vaste ensemble de plus de 500 millions d’européens, qui partagent des symboles : un hymne, un drapeau, une devise, une journée de l’Europe : le 9 mai. Nous partageons aussi une monnaie et surtout des valeurs : des valeurs de paix, de liberté, de solidarité, de tolérance et de respect. Ce sont ces valeurs que nous ont transmis ceux qui ont combattu et à qui nous rendons encore une fois hommage. »

Discours lu par Hamza GHARZOULI, Kenza MOHA, Matthieu LECUYER et Colin BOINA, tous élèves de 3ème 4 au collège Vendôme. Ils ont réalisé ce discours avec l’aide de leur professeur d’histoire, M. JOLY.