Voyage au camp du Struthof, mars 2015
Article mis en ligne le 29 mars 2015

par Juliette

Depuis quelques années, le MUADIR (Mouvement d’Union et d’Action des Déportés et Internés de la Résistance) propose aux élèves de 3ème du collège Vendôme ayant participé aux Concours National de la Résistance et de la Déportation, un voyage de deux jours au camp de concentration du Struthof en Alsace.

Cette année, nous étions accompagnés par l’adjoint au Maire de Lyon, Monsieur Jean-Dominique Durand par Monsieur Gonnet, membre de l’association MUADIR et organisateur du voyage et par Madame Christin professeur d’histoire et Madame Demangeon professeur de français du collège Vendôme. Une classe de première S du lycée Saint-Exupéry et leurs professeurs participait également au voyage.

Nous sommes arrivés au camp de concentration en début d’après-midi. Nous sommes passés sous une imposante porte en bois qui marque l’entrée du camp. On eut l’impression d’être tout petit… Tout autour, des fils de fer barbelés délimitent le camp.

Malgré les explications de M. Gonnet, nous avons eu du mal à nous imaginer les conditions de vies extrêmes des déportés. Mais est-il possible d’imaginer le pire qui fut pourtant la réalité pour tant d’hommes et de femmes ? Ce fut pourtant dans ces lieux que la plupart d’entre eux moururent de froid, de fatigue, de faim, des suites des tortures... Dans ce camp, des médecins se livraient à des expériences et avaient besoin de cadavres humains en "bon état". C’est pour cela que ces hommes et ces femmes étaient gazées.

En nous retrouvant entre collégiens le soir, nous avions envie de parler d’autres choses. Il était difficile de partager ce sentiment pesant qui nous avait envahi pendant cette visite sans pouvoir trouver les mots exacts pour l’exprimer. Nous ressentions de la colère envers les nazis et de la tristesse pour tous ceux qui avaient subi cette violence.

Le lendemain, après une cérémonie de commémoration émouvante à la mémoire des déportés, nous avons visité le Centre Européen du Résistant Déporté construit dans un grand bâtiment à côté du camp. A travers des films, des documents et des panneaux nous avons pu comprendre l’arrivée au pouvoir d’Hitler, la montée des idées antisémites, le régime de Vichy et la Résistance en France. Au sous-sol, on pouvait voir « une cave à pommes de terre », ayant pour simple et terrible objectif que d’épuiser les déportés au travail.

L’après-midi, au Mémorial de Schirmeck, un guide nous a retracé l’histoire de l’Alsace et de la Moselle ; ces régions furent annexées par l’Allemagne plusieurs fois. Tout au long du musée, la mise en scène très travaillée, comme l’inclinaison du sol qui rendait notre équilibre plus fragile, symbolise les épreuves douloureuses traversées par les habitants de ces régions pendant la Seconde Guerre mondiale.

Même si ce voyage nous a permis d’approfondir nos connaissances et de mieux percevoir la vérité sur les horreurs et la violence présente dans ces camps pendant la seconde guerre mondiale, il nous a donné une autre dimension. Est-ce que cette dimension est de percevoir encore plus nettement l’inacceptable par les lieux, par les photos, par le travail des musées, par des témoins touchés directement par cette histoire. On aurait envie d’oublier tant la vérité est impossible à expliquer (témoignage de M. Orenstein qui "n’a pas le vocabulaire pour tout raconter").
Et pourtant il faut continuer à raconter pour savoir, pour que cela ne se reproduise plus nulle part. Il n’y aura bientôt plus de témoins pour nous raconter, nous accompagner sur ces lieux. Ce devoir de mémoire est en train de devenir notre responsabilité. Ce sera à nous de transmettre aux générations futures les témoignages d’anciens déportés et l’histoire de la shoah.
Je remercie l’association MUADIR qui nous a offert ce voyage émouvant et Monsieur Gonnet qui nous a guidés à travers la découverte de l’univers concentrationnaire.

Juliette C, 3ème 2

Corvée de Soupe, gravure de Henri Gayot, résistant, déporté au KL-Natzweller-Struthof, Coll. Ministère de la Défense.